RHCP The Getaway

C’est la rentrée, et comme beaucoup je suis un peu nostalgique de la période estivale et des vacances. Alors, j’ai choisi de faire une petite chronique d’un album qui a rythmé mon été. Je veux parler de The Getaway, dernière production en date des RED HOT CHILI PEPPERS.

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L’album du changement …

Il s’agit du 11ème album studio du groupe californien en plus de 30 ans de carrière.

Et, ce dernier est sorti le 17/06/2016 sur le label WARNER MUSIC, soit 5 ans après le précédent album I’m With You.
Les treize titres qui le composent ont été enregistrés dans les studios SOUND FACTORY à Hollywood.

Mais, après 25 ans de collaboration avec Rick RUBIN, les RED HOT CHILI PEPPERS ont confié la réalisation de cet album à Brian BURTON alias DANGER MOUSE, producteur new-yorkais plutôt éclectique : disc-jockey, compositeur et membre de GNARLS BARKLEY, producteur pour THE BLACK KEYS, BECK, GORILLAZ (Demon Days) ou encore U2 (Songs Of Innocence).

 

D’autre part, le mixage est l’œuvre de Nigel GODRICH, producteur historique de RADIOHEAD.

Et, il faut signaler un autre changement notable pour cet album : après 30 ans de partenariat avec PEARL, Chad SMITH, batteur du groupe depuis l’album Mother’s Milk en 1989, rejoint la marque américaine DW (DRUM WORKSHOP).

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Chad Smith performing at a drum clinic in 2007

 

Mais, ces changements de producteur et de drum set ont-ils eu une influence sur l’orientation musicale du groupe ?

 Un nouvel univers …

Ma première réaction à l’écoute de cet album a été la surprise. Car, cet album est très différent de tout ce que les RED HOT CHILI PEPPERS ont produit jusqu’à aujourd’hui.

Il m’a fallu quelques écoutes pour en apprécier toute la subtilité. Mais, peu à peu, on se laisse emporter dans le nouvel univers du groupe qui comprend un peu de rock, un peu de funk, beaucoup de pop et des balades.

De nombreuses influences différentes se rencontrent. Mais, si on est tout d’abord surpris par ces enchaînements, au final, je trouve que c’est agréable à écouter et que l’ensemble fonctionne plutôt bien.

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Le ton est aussi différent. Il est sans doute moins jovial et léger que sur les précédents albums. Je trouve qu’il est plus intime voire même plus grave. Moins frénétique et plus mélancolique.
Et, cela va de pair avec une réalisation plus soignée et quelque fois plus sombre.

Alors, à la sortie de cet album, j’ai lu de nombreuses critiques qui avaient pour fil conducteur le sempiternel « c’était mieux avant ».
Pour ma part, toutes les pistes de l’album ont quelque chose d’accrocheur. Et, cet album apporte aux RED HOT CHILI PEPPERS un renouveau dont ils avaient besoin à ce stade de leur carrière.

« Nous formons un groupe depuis longtemps et nous étions tous d’accord sur le fait que nous avions besoin d’être un peu secoués.» – Chad SMITH – BATTERIE MAGAZINE N°136.

 Brian BURTON, l’instigateur du changement …

C’est Brian BURTON qui est l’instigateur de ce nouvel univers en proposant à Chad SMITH et à ses compères de nouvelles méthodes de travail, de création et d’enregistrement.
Il a ainsi introduit l’utilisation du piano et des chœurs féminins dans les compositions des RED HOT CHILI PEPPERS.

Il a radicalement modifié leur son, en particulier au niveau de la batterie. Chaque titre possède une sonorité et donc une ambiance différente. Quant au son de la batterie, il semble réellement varier d’une chanson à l’autre.

Petit tour de(s) piste(s)…

The Getaway (piste 1)

L’album s’ouvre sur ce titre qui présente une section rythmique ultra-répétitive.
Et, chose étonnante, on a beaucoup de mal à reconnaître le jeu de Chad SMITH. En effet, la sonorité de la batterie est presque électro sur ce titre.
Autre nouveauté : l’apparition de chœurs féminins derrière le refrain.
Ce titre sera choisi comme 2ème single extrait de l’album.

Dark Necessities (piste 2)

Dark Necessities est le 1er single extrait de l’album. Et, le clip est réalisé par Olivia WILD (alias n°13 dans la série DR HOUSE).
Sur ce titre, on retrouve véritablement la basse slappée de FLEA. Mais, à ses côtés, une nouvelle place est donnée au piano couplé aux chœurs.
Et puis, le jeu de batterie est assez calme avec une sonorité plutôt vintage. Il reste néanmoins très mécanique et la rythmique est marquée par l’utilisation de claps.

We Turn Red (piste 3)

Sur le 3ème single extrait de l’album, la batterie a une place prépondérante. Mais, ce rythme ne vous rappelle rien ? Il s’agit en effet d’un petit hommage à l’intro de John BONHAM sur When the Levee Breaks (LED ZEPPELIN, album IV). On alterne alors entre pop, rock et funk tout au long de ce titre.

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« La méthode de travail de Brian BURTON a permis de créer ce titre We Turn Red avec une intro de batterie très reconnaissable. »

« Sans ses conseils, je n’aurais sans doute jamais pensé à jouer le charley de cette façon. »

Chad SMITH – BATTERIE MAGAZINE N°136.

The Longest Wave (piste 4)

Avec The Longest Wave, les RED HOT CHILI PEPPERS renouent avec les ballades à la fois planantes et rythmées. Alors, est-ce une petite réminiscence de l’ère Californication ?

Goodbye Angels (piste 5)

Voilà un titre plutôt pop qui nous renvoie cette fois davantage à la période By The Way.
La batterie participe à la montée progressive de l’énergie du morceau pour aboutir finalement à un très beau jam avec la guitare complètement libérée et la basse déchaînée.

Stick Love (piste 6)

C’est peut-être le morceau le plus fade de l’album, malgré Elton JOHN qui vient accompagner les californiens au piano.
Alors, une nouvelle fois, le jeu de batterie est plutôt calme. Mais, Brian BURTON joue ici sur un effet de « phasing ». Ce dernier donne ainsi à la batterie une sonorité funk très seventies.

« Contrairement à ce que l’on pense, c’est facile de jouer vite et fort. C’est compliqué de jouer lentement à faible volume en gardant le groove. » – Chad SMITH – BATTERIE MAGAZINE N°136.

Go Robot (piste 7)

Ce morceau est réellement atypique : très entraînant avec son rythme très funky voire même disco à certains moments. Le clip est vraiment étrange (voire même complètement à l’ouest !).
La rythmique est très droite et punchy, façon boîte à rythmes des années 80. Elle permet ainsi à Chad SMITH de mener la chanson de bout en bout. Et, une nouvelle fois, on peut noter l’utilisation des claps.

Feasting On The Flowers (piste 8)

Ce titre est dédié au premier guitariste du groupe, Hillel SLOVAK, mort d’une overdose en 1988.
On retrouve ici le jeu plus classique de Chad SMITH même si la rythmique reste très sage à l’image de ce morceau qui ne s’envole pas.
De même, le piano revient comme un fil rouge sur cet album.

Detroit (piste 9)

C’est sans doute le morceau le plus costaud et le plus percutant de l’album. Le jeu de batterie toujours aussi droit renforce cette impression en prenant ici une tournure plus rock et plus lourde.

The Ticonderoga (piste 10)

Ce titre se démarque parmi les autres pistes de cet album. En effet, la sonorité générale est franchement rock mais elle est interrompue par des passages complètement pop. Chad SMITH nous propose alors son jeu plutôt expansif et délié qu’on lui connaît habituellement.

Encore (piste 11)

Encore est un morceau difficile à définir car il est à la fois léger et sombre.
L’effet « noise gate » appliqué à la batterie donne ainsi toute son identité sonore à ce titre qui comporte à nouveau des patterns très linéaires.

The Hunter (piste 12)

Les RED HOT CHILI PEPPERS sont ici en version balade (très) mélancolique avec un jeu très soft et tout en nuances de la part de Chad SMITH.

Dreams Of A Samurai (piste 13)

The Getaway se termine alors par un titre à la fois particulier et séduisant.
Ainsi, la longue intro au piano façon balade laisse la place à une basse qui déroule. Puis,le jeu de Chad SMITH vient appuyer les envolées plus pop voire rock.
Le chant est léger et l’utilisation des chœurs et du piano en font un titre caractéristique de cette nouvelle tendance chez les RED HOT CHILI PEPPERS.

Des Chilies moins piquants …

Avec cet album, les RED HOT CHILI PEPPERS sont sans doute moins fous, moins frénétiques. Autrement dit, ils se sont adoucis.

Cependant, après plus de 30 ans de carrière, ils réussissent encore à nous surprendre.

Et, même si certains critiques lui reprochent un manque de relief et des longueurs, THE GETAWAY est au final un bon album, plus intimiste et plus subtile.

« Un recueil de très bonnes chansons, avec des mélodies excellentes, des lignes de basse toujours aussi incroyables, des paries de guitare très travaillées aux sons très variés, le tout dans une ambiance globalement funk 1970. » – Extrait de la chronique de Philippe ISTRIA dans BATTEUR MAGAZINE N°303 – Juillet / Août 2016.

Chad Smith

Chad Smith drumming at the London Guitar Show 2008

Vous êtes fans des RED HOT CHILI PEPPERS ? Pour vous « c’était mieux avant » ou vous appréciez ce virage musical ? Alors, n’hésitez pas à commenter et à me faire part de vos remarques ….

RED HOT CHILI PEPPERS, « The Getaway »

Date de sortie : 17/06/2016.

Label : WARNER MUSIC.

Chant : Anthony KIEDIS.

Guitare : Josh KLINGHOFFER.

Basse : Michael BALZARY alias FLEA.

Batterie : Chad SMITH.

  1. THE GETAWAY
  2. DARK NECESSITIES
  3. WE TURN RED
  4. THE LONGEST WAVE
  5. GOODBYE ANGELS
  6. STICK LOVE
  7. GO ROBOT
  8. FEASTING ON THE FLOWERS
  9. DETROIT
  10. THE TICONDEROGA
  11. ENCORE
  12. THE HUNTER
  13. DREAMS OF A SAMURAI

Chad SMITH …. le drum set

Et, voilà le drum set utilisé par Chad SMITH depuis son passage chez DW.

Il s’agit en effet d’un kit DW Design Series Acrylic (un premier de couleur verte et un second avec des diamants et des paillettes incrustés dans les fûts !) comprenant un tom médium 12″ x 8″, 2 toms basse 14″ x 14″ et 16″ x 16″, une grosse caisse 24″ x 16″.

Chad Smith performing with Red Hot Chili Peppers in Mexico City, Mexico DF on March 6, 2013

Chad Smith performing with Red Hot Chili Peppers in Mexico City, March 6, 2013 Photo by Laura Glass

 

Selon les morceaux, Chad SMITH utilise une caisse claire 14″  x 5″ assortie au kit en acrylique, une DW Steel 14″ x 6,5″, une DW Bell Brass 14″ x 5,5″ ou encore une True-Sonic 14″ x 5″.

Le kit est complété par quatre rata drums 6″, un rototom Remo 10″ et une timbale. Et, tous les fûts sont équipés de peaux REMO.

Pour les cymbales, Chad SMITH est fidèle à SABIAN avec un hi hats 14″ AAX-Celerator, une splash 10″ AAX, 2 crash AA Rock 19 et 20″, une ride AA Rock 21″ et une china AA Holy 21″.

Sources pour cet article :

Crédits photos pour cet article

Le relevé est réalisé au moyen du logiciel MuseScore 2.